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Blancheur Immaculée

16/02/05 
 
Elle regarde au loin son passé, gardant au creux de son coude ses souvenirs heureux. Elle est là, hagarde, sans véritable attache, pensant à ces jours si lointains de tout, si incroyables et beaux. Elle regarde à travers le voile de son esprit et de ses malheurs, le seul qui pu l’aider, le seul qui la détruisit à jamais.  
Elle tend devant elle ses bras d’un blanc translucide tant il est pâle, ces bras qu’il a toujours trouvés laids et sans vie, certainement… Il aimait le corps d’une autre paraît-il, mais l’esprit, non, jamais, et pourtant, il n’aimait pas jouer avec, disait-il… Piètre menteur, fou, mensonges par milliers associés à ton seul visage, associés à ta seule image… 
Tu es une ombre parmi toutes celles qui hantent les cœurs. Tu es le bourreau, l’assassin, le meurtrier, celui qui poignarde alors qu’il dit aimer, celui qui méprise alors qu’il s’est envolé… Le monstre, la terreur, l’intrépide bourreau des cœurs, le chevalier servant, celui-là, oui, le galant et non l’amant, l’amour de toutes ces dames, et le mien, seulement… 
A qui as-tu offert ton cœur ? A la mort ? A toi-même ou l’une de ces si nombreuses conquêtes que tu affirmais folles de toi, courant après toi, mais que tu reniais, ô âme charitable, ô grand ami de la Vérité… Comme elles furent nombreuses, je n’en doute pas, à partager ton lit, comme elles furent nombreuses à te donner leur cœur, et comme tu fus unique à dérober leurs vies… 
Suis-je celle qui souffrît le plus ou seulement celle qui le crû ? Combien, combien furent-elles donc à t’aimer ainsi ? Combien tuas-tu par simple jeu, hypocrisie ou folie… 
Ne suis-je donc qu’une parmi ces innombrables ? Une de bien moindre importance, de bien moindre classe ou caste, une que tu as pris du plaisir à détruire, à donner une illusion d’amour sans jamais ouvrir, offrir ton cœur… La voilà ta putain, la voilà celle qui t’aime malgré tout ce que tu lui as fait subir… Pourquoi est-elle encore là à t’attendre ? Pourquoi ne peut-elle penser à un autre que toi ? Regarde-la comme elle est perdue, comme la mort la guette, comme son cœur se morcelle dès qu’il repense à toi ? Regarde-la cette enfant qui a tout abandonné pour toi, qui a tout désiré pour toi, qui a tout eu, sauf toi… 
Elle tend devant elle ses bras d’une blancheur mortelle, la voilà qui touche la vitre…  
Passe, passe à travers, enfant, putain, passe, passe à travers, regarde comme la neige est belle… 
Elle ouvre la fenêtre… Rejoins, rejoins ces flocons éphémères, rejoins ces âmes qui s’envolent, regarde, tu peux faire de même, regarde, tu es libre de devenir ce qui ne mourra jamais… 
De la neige…  
 
texte de floflos404, forum de Kazibao 

   
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Modifié en dernier lieu le 28.03.2005
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