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Une ancienne civilisation...

Briefing 
Le nom de Celte (keltoi) apparaît chez les auteurs grecs du V° siècle, puis ce sera Galli en latin pour désigner les peuples gaulois. Les Gaulois sont installés de part et d'autre des Alpes.  
 
Les celtes apparaissent au 8° siècle, alors que l'âge du bronze décline. On retient deux grandes époques :  
 
* l'époque de Hallstatt (-800 à -400), d'où émerge la technologie de la métallurgie du fer  
 
* l'époque de La Tène (-400 à -52), qui correspond pleinement à l'ère gauloise et l'apogée de la civilisation celtique. 
 
Les peuples qui précédaient les Peuples Celtes (et qui participèrent à leur civilisation par assimilation) étaient les Ligures.  
 
Dans nos pays de Savoie, les peuples dont nous connaissons l'existence sont :  
 
* la "nation" des Allobroges, composée de petits peuples dont les traces subsistent dans les "pays" de Savoie (Bornes, Albanais, Bauges, Chablais...) dont le territoire s'étendait de Vienne à Genève, plutôt dans l'avant-pays,  
 
* Les Médulles, dont le territoire était délimité par la vallée de la Maurienne,  
 
* Les Ceutrons, présents en Tarentaise et dans les pays du Mont Blanc  
 
* Les Salasses, pour le Val d'Aoste sur le versant piémontais des Alpes  
 
* Les Nantuates, qui habitaient sur les rives du lac Léman.  
 
Les voisins directs s'appelaient les Helvètes, les Aulerques-Brannovices (plaine de l'Ain), les Ambarres (Ambérieu...). Le Rhône établissait une frontière naturelle, et les points de passage étaient, entre autres, Genève (Genava), Seyssel (Condate), Lyon (Lugdunum)...  
 
La société 
 
Dans la "société" celte, nom d'ailleurs qui n'avait certainement aucun sens pour eux, l'organisation générale tournait autour d'une cinquantaine de "nations", petits royaumes autonomes. Ces petits états sont les "civitates" dont parle César. Chaque "civitas" gauloise, est le résultat d'un groupe ethnique différencié et de son territoire.  
 
Les plus grandes, tels les Eduens, les Arvernes, les Bituriges sont composées de plusieurs "tribus". Mais généralement, ce sont 4 "tribus" qui constituent la nation. Ce chiffre est important, l'Irlande celtique était composée de 4 provinces plus une, au centre, ou siège le Grand Roi. Chez nous, sur le territoire qui est devenue La Savoie, ce sont les Allobroges qui peuplent l'avant-pays. Cette répartition en 4 est au centre du jeu des Echecs, jeu initiatique d'origine celte.  
 
La Tribu a été l'organisation sociale de base, fort ancienne, les liens de parentés sont puissants. Son territoire est approximativement le territoire parcouru par un homme à cheval en un jour.  
 
Par contre, depuis le III° siècle av J-C, les Gaulois savaient s'allier au sein d'une confédération guerrière, dans le but de se défendre contre les invasions nordiques qui avaient cours en ces périodes difficiles. Ces alliances étaient à géométrie variable, il semble que le sens "politique" ait toujours été très développé chez nos ancêtres...  
 
Dans la tribu, 4 catégories d'hommes :  
 
Les "faiseurs de Sacré" : les druides, bardes, devins...  
Les Guerriers, "chevaliers" aristocrates, chargés de la défense du territoire  
Les artisans, les éleveurs  
Les esclaves  
Ces catégories sont organisées selon 3 fonctions : la trifonctionnalité des peuples indo-européens mise en évidence par Georges Dumézil :  
 
1° fonction : la fonction magico religieuse : le chaudron de Dagda. Couleur blanche  
2° fonction : la fonction guerrière : épée de Nuadu et la lance de Lug. Couleur rouge  
3° fonction : la fonction nourricière : la pierre de Fail. couleurs bleue, verte, jaune  
Ces trois fonctions permettent à la tribu de résister et de se développer au fil du temps. La présence des Hommes est en adéquation avec l'univers magico-religieux, les Celtes avaient une vue très globale de leur monde en relation avec les autres mondes (Au-Delà...), le territoire de la Tribu dont la défense était sous la responsabilité du Roi (qui incarnait le devenir de son peuple), le travail qui permettait de subvenir aux besoins de tous (les esclaves, quand il y en avait, concourraient à la fonction nourricière).  
 
Les conflits entre tribus ou entre nation semblaient fréquents. Dans l'organisation du temps annuel, il existait une période de la guerre (période lumineuse, approximativement printemps et été) et une période de repos. Les razzias avec vols étaient pratiquées.  
 
Le druidisme 
Les druides (avec les vates et les bardes) sont les "Très savants". Ils connaissent :  
 
La religion et la mythologie  
La justice, le droit  
La poésie  
La divination  
La médecine  
L'Astrologie et les Mathématiques  
La musique  
Fondamentalement ancrés dans la Nature qui les entoure, ils agissent à harmoniser les rapports entre les Hommes et celle-ci.  
Pour débuter ce chapitre consacré au druidisme, je vais citer le "chapitre 2 : rappel historique : les druides de l'antiquité et leur religion" de l'ouvrage de Michel Raoult : Les druides, sociétés initiatiques contemporaines.  
 
"Pour ce qui est du domaine spécifique de la civilisation celtique et des druides de l'Antiquité, nous renverrons le lecteur aux excellents travaux de Mme Le Roux et de M Guyonvarc'h qui sont, sans conteste, actuellement en France, les meilleurs spécialistes de l'antiquité celtique.  
 
Chez les Celtes la religion fait partie intégrante de l'existence quotidienne et touche tous les domaines. Il n'y a pas à proprement parler de distinction entre le profane et le sacré. La religion est indissociable de la vie.  
 
A la première approche, la variété du panthéon celtique surprend par sa richesse. Mais il n'est pas certain qu'il s'agisse vraiment de divinités distinctes. Il semblerait, en effet, que l'ancienne religion ait été monothéiste avec la reconnaissance d'un dieu suprême régisseur de l'Univers. Des "dieux" tels que Lug, Dagda, Ogmios, Nuada, Diancecht, Brigit ou Gobniu, pour ne citer que le panthéon irlandais, ne seraient pas à proprement parler des dieux, mais plutôt des ancêtres initiateurs, des héros qui faisaient, bien sûr, l'objet de vénération et de fêtes. Ce sont nos interprétations passées par le filtre de notre propre culture religieuse le plus souvent judéo-chrétienne qui ont divinisé ces êtres.  
 
Ces initiateurs, et bien d'autres encore, sont considérés comme des dieux, ou comme de grands êtres, dans certains groupes druidiques modernes.  
 
Rappelons quelques-uns des traits de ces héros celtes :  
 
Lug, le lumineux, est polyvalent. Sa fête est le 2 Août, c'est-à-dire le 1° Août au soir puisque chez les Celtes, le jour commence au coucher du soleil. Cette importante fête des Celtes s'appelait Lugnasad, c'est-à-dire "Assemblée de Lug" et elle durait la quinzaine. Teutatès, ou Teutatis, est une autre appellation de Lug. Cette appellation est parfois générique pour tout dieu ou héros du peuple.  
Dagda, le bon, est célèbre pour son chaudron et sa massue. Le chaudron du Dagda est un chaudron d'abondance, inépuisable, sans doute à l'origine du "Graal".  
Ogmios, ou Ogme, le champion. On lui attribue l'invention de l'alphabet ogamique, une écriture celtique pourtant tardive. Maître de la parole et de l'éloquence, il est un meneur d'homme.  
Nuada, le distributeur. C'est le roi qui préside la bataille mythique de Mag-Tured. Il ne combat pas lui-même mais sa présence sur le champ de bataille garantit la victoire. Il a eu le bras droit coupé au combat mais le fameux chirurgien Diancecht lui a fabriqué un bras artificiel en argent. Cette tradition celtique a été christianisé en la personne de St Mélar, fils de roi, qui eut la main droite et le pied gauche coupés pour qu'il ne puisse pas régner mais qui fut appareillé de prothèses d'argent et d'airain.  
Diancecht, le médecin, guérit les blessés en les immergeant dans sa fontaine sacrée et leur fabrique des prothèses.  
Brigit, ou Brigantia, s'appelle Belisama sur le continent mais porte encore de nombreux noms. Elle est aussi Koridwenn (c'est le nom d'une loge maçonnique féminine en Bretagne), et a pour attribut le chaudron de la connaissance qui deviendra l'aspect féminin du Graal. Le culte de Brigit, si populaire, s'est trouvé christianisé par une abbesse célèbre, la grande sainte Brigitte de Kildare en Irlande.  
Gobniu, le forgeron, est le fabricant des armes des "dieux". On retrouve la racine de son nom dans le patronyme breton moderne de Le Goff qui signifie d'ailleurs "le forgeron".  
Dans la tradition celtique, le druide est essentiellement un prêtre. L'ensemble des druides de tous grades constitue la "classe sacerdotale" de la société celtique et non pas un simple "collège" de type latin. La classe sacerdotale des druides est un élément constitutif de la société celtique, société de type indo-européen à trois classes : la classe sacerdotale, la classe guerrière et la classe des producteurs.  
 
Le druide a reçu l'initiation sacerdotale et il confère au roi l'initiation royale. En conséquence, le pouvoir temporel et légitime procède du pouvoir spirituel. Ceci se traduit dans le protocole de la cour par le fait que le druide parle avant le roi et que le roi n'a pas le droit de parler avant ses druides. C'est le roi qui gouverne, certes, mais c'est le druide qui le conseille.  
 
Le druide et le roi formaient donc un couple indissociable à la tête de la société celtique. Le jour où la royauté disparaîtra, l'équilibre traditionnel sera compromis et le sacerdoce celtique condamné à brève échéance. L'introduction quasi simultanée du christianisme achèvera le démantèlement de la société celtique antique.  
 
Le symbole de l'autorité spirituelle du druide est le sanglier auquel s'oppose l'ours, symbole du pouvoir temporel, dont on retrouve la racine (gallois arth : ours) dans le nom du mythique roi Arthur. Le sanglier-symbole a vraisemblablement été choisi à cause de son rapport avec la forêt, lieu de retraite et d'enseignement du druide - le sanglier se nourrit de glands de chêne - et de la druidesse symbolisée par la laie fouissant avec ses marcassins au pied du pommier du savoir et de tous les désirs comblés.  
 
Quant à la signification du mot "druide", l'explication de Pline mettant le mot druide en relation avec le mot grec signifiant chêne n'est pas satisfaisante. Evidemment, étant donné le lien cultuel existant entre le druide et le chêne, il était bien tentant de faire du druide "l'homme du chêne". Cette confusion aura attendu vingt siècles avant d'être rectifiée par Mme Le Roux. En fait, la racine sanscrite est (veda-vid) "savoir", et (dru) "très", dans le même sens que le français moderne "dru" qui est l'un de ces mots gaulois parvenus jusqu'à nous, avec le sens d'épais, serré, touffu. Si bien que le mot druide désigne les hommes "au savoir dru", ou mieux, les "très savants".  
 
De même que le druide n'a pas de tabou, il n'a pas non plus de limites de compétences. Il est autant sacrificateur, c'est-à-dire prêtre, que devin, médecin, juge, conseiller politique, ambassadeur ou enseignant. Bien entendu, il peut se spécialiser. C'est à l'intérieur de la classe sacerdotale qu'on distingue les druides, bardes et vates (ou ovates). Des grades internes assez complexes sanctionnaient les niveaux de connaissance, les spécialités et les fonctions. Ainsi le sacerdoce celtique a trois aspects principaux avec :  
 
les druides sacrificateurs, enseignants et religieux-juges, car n'oublions pas que chez les Celtes on se sépare pas le profane du religieux  
les bardes, poètes et musiciens, supplantés par les filid en Irlande  
les vates, devins, médecins et physiciens.  
Chaque membre de la classe sacerdotale est spécialisé et plus ou moins qualifié dans sa spécialité, mais tous participent au même sacerdoce, sans qu'il y ait d'ailleurs de cloisons étanches entre les spécialités. Les druides sont des prêtres, mais ils ne sont pas que des prêtres, ils sont en fait beaucoup plus. Rappelons que la caractéristique du druide est d'être sans interdit. Un druide peut tout aussi bien prononcer des oracles qu'un ovate accomplir un sacrifice ou un barde enseigner. Le terme "druide" est appliqué à tous les membres de la classe sacerdotale, ce qui n'empêche pas les spécialités, pas plus que les niveaux de qualification.  
 
La question a été posée de savoir si la femme celte pouvait être druide. Il y a, en effet, quelques références anciennes où il est question de dames-druides. Cependant, on ne saurait dire s'il s'agit là de femmes-druides ou de femmes de druides puisque les druides pouvaient se marier. On ne trouve dans les textes anciens que peu de cas de femmes accomplissant des sacrifices, enseignant ou rendant la justice. Ceci ne veut pas dire que la femme celte ait été éloignée du ministère sacerdotal. Les Celtes ont toujours accorder une part prééminente à la femme dans les activités de la tribu. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir de la reine Boudicca qui mena en Grande Bretagne la révolte contre les Romains en 62 de notre ère.  
 
...  
 
Bien entendu, les Celtes croyaient à l'immortalité de l'âme et à l'existence d'un autre monde au-delà de la mort laquelle était considérée avec sérénité comme un passage. Quant à savoir si les Celtes croyaient à la réincarnation, certains textes ont pu le faire penser, alors qu'il s'agirait plutôt de métamorphose, c'est-à-dire de changements occasionnels d'aspect physique. Toujours est-il que dans certains milieux druidiques modernes la réincarnation, ou théorie des incarnations successives après la mort est considérée comme un élément fondamental du druidisme. Pourquoi les druides n'ont-ils pas écrit eux-mêmes ce qu'ils pensaient ?  
 
César affirme que les druides savaient écrire et qu'ils utilisaient l'alphabet grec, mais l'écriture était réservée aux affaires profanes. Ils se refusaient à écrire quoi que ce fût concernant la religion. Les anciens Celtes ont utilisé divers alphabets. L'alphabet ogamique était l'un d'eux, spécifique aux Celtes certes, mais relativement tardif. Son usage était strictement limité à des pratiques incantatoires et à des inscriptions funéraires. Les caractères ogamiques consistaient en encoches tailladées le long d'une baguette de bois fendue, ou gravée sur l'arête d'une pierre levée, se lisant de bas en haut et de droite à gauche. C'était un alphabet phonétique. Ecrire, c'est fixer. Pour un incantation, un interdit, une malédiction, l'écrire, c'est faire durer magiquement la puissance de la formule. Analogiquement, les druides se refusaient de fixer leur doctrine par l'écriture au risque de la tuer. Les conceptions druidiques étaient bien vivantes et il n'y avait nul besoin de les enregistrer par écrit. On a précisément commencé à écrire la matière celtique lorsque la tradition a cessé d'être transmise oralement au grand jour, à cause des interdits dus à l'extension du christianisme."  
 
Bravo si vous êtes arrivés jusqu'ici. Le druidisme ancien devait probablement s'inspirer de tout cela. Mais pour aujourd'hui, et pour demain, en quoi le druidisme peut-il nous aider ? Il me paraît important de retrouver notre place dans notre Espace (sur Terre et dans l'Univers) et dans notre Temps, comprendre les Eléments, en s'inspirant des concepts traditionnels de notre culture fondamentale.  
 
 
 

   
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Modifié en dernier lieu le 26.06.2004
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